No one is innocent

« On a tracé notre route, on s’est jeté dans l’arène. Creusé le même sillon pour exploser les scènes, de la sueur sur les planches et rien calculer en concert, comme si on jouait sa vie, comme si c’était la dernière »… ce morceau de texte tiré du titre 20 ans, résume parfaitement la carrière de No One Is Innocent, une carrière marquée par des succès, des tempêtes, des coups de gueules, et des combats jamais perdus d’avance. Depuis la déferlante Propaganda en 2015, Kemar, Shanka, Thunder B, Gaël et Popy brûlent les planches. No one est un groupe qui fait du bien en assumant pleinement un message et un discours humaniste, enragé, qui résonnera autant par un succès discographique que par des concerts d’anthologie. C’est aujourd’hui un groupe soudé et exalté qui est de retour avec un nouvel album, baptisé Frankenstein. On y retrouve l’équipée sauvage toujours aussi percutante dans la musique et dans les textes. Toujours fidèle à son ADN, No One sait surprendre avec une formule à l’épreuve du temps : riffs implacables, groove, hymnes incarnés. Une formule qui les impose encore et toujours dans le cercle restreint des chefs de clans du rock à grosses guitares.

Dans un environnement dominé par une culture formatée, peu d’artistes osent encore prendre position. Ce n’est pas le cas de Merzhin, groupe engagé, dont chaque album est un instantané, un miroir de la société du moment. Avec Nomades, son 7ème album, Merzhin livre un formidable plaidoyer furieux, sans concession et humaniste, prônant l’ouverture d’esprit et le brassage des cultures. Le retour des instruments traditionnels pour accompagner la colère des guitares, ainsi que la présence de Kemar de No One Is Innocent sur la chanson éponyme illustrent parfaitement ce propos.